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  • Momo

    Il l’a croisé par hasard, lui a parlé. Elle l’a trouvé bizarre, elle était apeurée, elle l’a fui.

    Il l’a recroisé par hasard quelque temps plus tard. Elle s’est souvenue de sa façon d’écrire, c’était si beau.. Elle avait peur, elle a menti. Il a continué à lui parler, elle était différente, elle était blessée, abimée. Il était différent, intelligent, elle voulait avancer, elle a lu, répondu.

    Il travaillait à l’autre bout du monde, il venait d’un 3ième continent. Elle travaillait à quelques kilomètres de chez elle.

    Il voyageait. Elle se refugiait chez elle. Elle faisait ses courses, veillait au bien être des ses enfants. Elle disait que sa maison prenait soin d’elle, qu’elle la protégeait. De quoi avait-elle si peur ? Des autres tout simplement.

    Il a parlé de son pays, de celui où il travaillait, elle aimait les découvrir, elle aimait apprendre. Elle a pris confiance. Elle a avoué ses mensonges, lui a dit son véritable prénom, sa véritable ville. C’était infantile, il a du sourire. Chaque soir il se connectait au moment du repas. ll devait attendre qu’elle soit dans son lit, tranquille pour lui parler librement. Elle répétait qu’elle avait besoin d’être rassurée, protégée, sécurisée. Il lui a promis, qu’en pensée, il serait toujours là, qu’elle ne serait plus jamais seule.

    Jour après jour elle est entrée dans la bulle qu’il lui offrait. Il était son épaule imaginaire, il prenait soin d’elle. Il lui lavait les pieds lorsqu’elle était malade, la bordait et l’embrassait sur le front.  Rien de cela n’était réèl, tout était virtuel. Ils ne se verraient jamais. Il l’avait écrit.

    Elle ne vivait qu’à travers son écran. C’était son bouclier. D’autres hommes avaient commencé à lui redonner confiance. Elle n’osait toujours pas entrer dans le réel, elle savait qu’il faudrait pourtant, mais c’était trop tôt, impossible pour elle.

    Il avait besoin d’une femme, il avait besoin d’amour. Elle avait peur il devait y aller en douceur,  l’apprivoiser, se caller à son rythme. Il était rassurant, protecteur mais possessif. Ca la faisait sourire. Elle sentait de la protection, de la sécurité, du désir, de l’amour même si elle savait qu’il n’était pas véritable. Elle ne  se souvenait pas avoir ressenti ça avant, elle avait tant oublié. Elle a tout réappris, désirer, toucher, sentir, se toucher, ressentir, jouir, s’endormir seule mais détendue, heureuse.

    Il a demandé de plus en plus…. Elle a suivi, obéit. Elle aimait cette bulle, elle se sentait hors de portée de tout. Elle donnait, il prenait. Il exigeait, elle donnait. Elle aimait ce lâcher prise, mais pas toujours ce qu’il lui faisait.

    Elle a pris confiance. Elle est entrée dans la vraie vie. Elle a aimé, il l’a deviné. Elle s’est lassée, est revenue, il a exigé. Elle a joué. Elle n’avait plus peur, elle avait grandi, elle avait fait face.

    Elle ne comprenait pas pourquoi elle acceptait encore. Pourquoi parfois elle en avait envie, mais parfois elle trichait. Elle savait qu’en réel elle n’aurait jamais accepté. Avait-elle encore besoin de ce côté avilissant ? Probablement…

    Elle a connu, la douceur, la tendresse, le partage, le respect, la complicité, l’harmonie, tout ce qui fait que l’amour est beau, magique, unique. Tout ce qui rend plus grand, plus fort. Elle n’avait plus a accepter pour se sentir protégée.

    Elle a remercié Momo. Elle avait eu besoin de cette étape qu’elle ne comprend pas pour connaître le véritable amour, celui qu’elle veut, qu’elle donne, le seul que les amants devraient se donner. Il est parti sans répondre. Elle a gardé le poème qu’il lui avait offert parce qu’il est beau, parce qu’il est vrai.

  • J’ai fait un faux mouvement

    Comme convenue dans les résolutions, je suis allée au sport.

    Avant la séance je me suis préparée. J’ai enfilé mon legging, mon tee shirt et surtout mon soutif spécial sport…. Il était d’un beau rose pâle pour ne pas être trop visible sous le tee shirt, un peu trop rembourré à mon goût, mais il faut bien protéger mes nénés en les enfermant douillettement dans un écrin. Une fois en tenue j’ai été agréablement surprise de voir que Robert et Robert étaient très fiers et que je n’avais rien à envier à Lara Croft.

    Je me suis donc dirigée vers ma salle de sport préférée, pleine de motivation. Là j’ai rejoint tout un groupe d’hommes et de femmes de tous âges, de tous niveaux et de toutes morphologies. Ici on fait du sport, on s’encourage à se dépasser, on se soutien on appelle ça, la famille

    Pendant 1H d’intense activité, j’ai transpiré, j’ai eu le palpitant qui battait la chamade, les joues rouge écarlate, le souffle court. A la fin de la séance je n’étais pas hyper sexy mais j’étais heureuse, je me sentais vivante même si je n’avais fait aucune prouesse. Waouh ça fait un bien fou !!!

    Le sourire aux lèvres je file vers les vestiaires pour prendre une bonne douche avant de rentrer. Mais là le super soutif, sans baleine ni fermeture, pour ne pas blesser, se transforme en une véritable camisole. La bande élastique ne veut pas glisser à cause de la sueur… J’ai beau essayer de l’attraper dans tous les sens, il reste imperturbable dans sa mission de rester en place quel que soit la position adoptée. Je me contorsionne et m’entend alors pousser quelques petits cris, je recommence encore et encore… Me vient subitement l’idée que quelqu’un puisse être derrière la porte et m’entende. Mon imagination ne fait qu’un tour…Si quelqu’un entrait dans le vestiaire et me trouvait en lutte avec mon soutif de sport de quoi aurais-je l’air ??? Je n’ose pas imaginer

    Je réessaie à nouveau en prenant garde cette fois à me taire. Mais à croire que le silence diminue ma force, j’ai beau faire des nœuds avec mes bras et m’étirer le plus possible rien à faire, il reste en place. Dépitée par la situation, je me résigne donc à rentrer chez moi en tenue de sport et encore transpirante.

    Arrivée à la maison, je suis seule, je peux sans crainte reprendre la séance. Ma température corporelle ayant eu un peu de temps pour redescendre le soutif colle moins. Je peux étirer mes bras à nouveau, faire des nœuds, pousser autant de gémissements que je veux et je fini enfin par me délivrer de cette camisole. Je m’allonge épuisée mais victorieuse sur mon lit, la douche n’est toujours pas prise, mais j’ai gagné, non sans mal, la 3ime mi temps. A moitié nue, mon trophée à la main, je me mets à fredonner « libérée délivrée, je ne te reporterai plus jamais… » Après cette petite pause bien méritée je me relève enfin et je commence à me demander si les douleurs qui pointent leur nez viennent de ma séance de sport ou de la séance d’effeuillage en mode lutte plutôt qu’érotique que je viens de subir…

    Le lendemain, au réveil, je peux ressentir la localisation exacte de mes abdos dont j’ignorais presque l’existence la veille, mais aussi une douleur entre l’omoplate et le cou bien plus invalidante encore. Je refuse d’être obligée de consulter un ostéo et lui avouer que j’ai fait du sport mais que c’est en enlevant mon super soutif que je me suis coincé un truc dans le dos. Je mettrais bien un peu de crème mais mon bras n’atteint que mon cou, il refuse de s’étirer à nouveau jusqu’au milieu du dos. Cette fois ci je n’insiste pas…mais comment vais-je faire ? J’étais si fière de moi après cette bonne séance de sport. Mon cerveau imagine toutes les solutions. Arrêter le sport au bout de la 1ere séance de l’année, ça fait un peu tôt quand même.. et j’ai dit aux copines que je revenais dans 2 jours. Expliquer l’épisode du déshabillage…c’ est inavouable, même si ça a été très sportif. Reste la dernière solution tout simplement me taire et renouveler ma lingerie.

    2 jours plus tard, remotivée à bloc, j’enfile ma nouvelle brassière que j’ai étudiée avec soin et je retourne vers la salle de sport. Avant de commencer la séance le coach regarde tout le monde et demande qui a des blessures et ne peut pas faire tous les mouvements ?… Je lève difficilement le bras. Mais quand il me demande ce que j’ai, mes souvenirs me reviennent en mémoire et, avec un petit sourire au coin des lèvres, je m’en tire avec un vague « j’ai fait un faux mouvement… »

  • Bonne Année, Passage Obligé

    31 Décembre 2019,

     Top départ du second réveillon de l’année. On va faire la fête, on va délirer, on va faire péter les bouchons, la musique à fond les ballons, tout est permis, la vie est belle !!!

    A minuit, on crie, on danse, on saute, on s’embrasse, on se saute au cou, et surtout on se souhaite la bonne année. Et la patatras, on se retrouve les yeux sur l’écran du téléphone à pianoter comme des tarés, à chercher l’inspiration pour se démarquer, la pointe d’originalité pour ne pas écrire tous les ans les mêmes mots. On surfe sur internet pour faire un copier-coller d’un truc qu’on essaie d’adapter pour faire croire que cette année nos performances narratives ont brillées….

     Le lendemain en relisant on s’aperçoit qu’on a juste oublié de supprimer un truc dans le copier-coller et l’effet tombe à l’eau. Aie !!! un flop

    Mais les vœux du réveillon sont quand même assez sincères parce qu’on est tous dans le même état….. d’esprit je parle bien sûr, parce que pour ce qui est du physique c’est autre chose.. On a choisi ses complices de fête alors on les aime, on leur souhaite la réussite, le bonheur, la santé, tout ce qu’ils peuvent désirer et… on est au paradis sur terre !!!

    Le 1er…., le paradis s’est plutôt transformé en purgatoire voir même en enfer… L’haleine de chacal, la tête dans l’enclume pour certains, la nausée, la voix cassée, pour d’autre les yeux vitreux, les trous de mémoire et la nouvelle décoration de la pièce de festivité et j’en passe, est déjà beaucoup moins glamour. Pisse mémé et alimentation légère, Alka Seltzer, font suite aux abus pour essayer de retrouver un minimum d’énergie car l’année ne fait que commencer. La leçon est retenue, c’était une super soirée mais d’année en année le lendemain est de plus en plus compliqué, il va falloir revenir a de bonnes résolutions. C’est parti pour la liste qui ne tiendra qu’entre 3 jours et 1 mois dans la plupart du temps. Sport, déconnection des réseaux sociaux, alimentation saine, hygiène de vie parfaite, on retourne dans les rêves, mais après tout rêver ça fait du bien.

    Vient alors la longue liste des personnes à qui il faut souhaiter les vœux…. L’inspiration est moins vive, il faut hiérarchiser, personnaliser et ne pas faire d’erreur d’expéditeurs. Les vœux à la grand-mère assez classiques mais urgents, les vœux aux copains qu’on n’a pas vu de longue date, à qui on envoie un récapitulatif de l’année écoulée avec photo. Il y a aussi, les vœux aux collègues pour leur souhaiter que tous leurs vœux soient exhaussés, après les nôtres bien entendu, parce que pour le poste convoité, même avec le changement d’année « charité bien ordonnée par soi-même » reste de rigueur. Il y a encore, les vœux aux personnes illégitimes de notre cœur. Bon là on préfèrerait les faire en live mais c’est parfois plus compliqué. Surtout ne pas envoyer le mail destiné à la maitresse ou à l’amant, à la secrétaire, sous peine de déclencher une bombe atomique dès le début de l’année. A la rigueur il vaut peut-être mieux l’envoyer la grand-mère qui, avec un peu de chance, est celle qui a soit perdu la boule, soit la DMLA et ne pourra pas lire, ou alors retrouvera un regain de jeunesse subitement, en espérant qu’elle n’en fasse pas une crise cardiaque, même si dans l’absolu, on peut se dire que ce serait tout de même une belle mort.

    La vraie question est que valent ces vœux ? Déjà si on envoie à certains et pas à d’autres on s’attire les foudres divines c’est donc là qu’on se sent obligé de faire entrer l’hypocrisie dans le jeu pour garder paix et tranquillité, on appelle ça de la diplomatie…

    Alors ça sert à quoi ? parce qu’autant au réveillon c’est sympa mais ensuite soyons honnête, ça devient vraiment une corvée…On peut se dire qu’on s’en fiche et qu’on botte en touche, qu’on a oublié,  mais le problème est que les autres nous les envoient et qu’on n’a pas envie de passer pour des personnes mal éduquées ou paraître plus bête que les autres qui vont parfois pousser la créativité  jusqu’à faire des petits films de leur vie dont on se fiche royalement. On se tape déjà leur FB au quotidien alors ça suffit !!!

    Alors prenons du recul. Si les autres sont en bonne santé, réussissent, sont heureux, ça n’enlèvera rien à ce que nous avons-nous même. Bien au contraire, ils auront le sourire, seront plus enclin à un peu de bienveillance et d’empathie envers nous-même comme envers tout le monde. En bref ils ne viendront pas nous plomber le moral avec leurs problèmes, n’auront pas besoin de notre oreille attentive et viendront nous voir uniquement pour nous donner des informations positives. En résumé, ils nous ficheront la paix !  Quel bonheur pour nous !!!

     Alors le réveillon, par pitié, pas tous les jours parce qu’on ne supportera pas, mais souhaiter à l’autre de réussir ses projets chaque jour est plutôt une garantie de tranquillité pour nous, alors cette année c’est décidé, je fonce, je prends soin de moi, je déploie mon bouclier antipollution neuronale en vous souhaitant à tous d’être heureux et épanouies chaque jour de l’année tout en sachant que l’année prochaine vous aurez tout oublié et que je devrai à nouveau recommencer